La Subaru WRX n’a pas seulement une longue tradition dans le sport automobile, elle a également connu un immense succès commercial dans notre pays. Cette Subaru sportive, que l’on surnomme souvent « la Porsche des paysans », faisait partie intégrante du paysage routier local. Mais cela a pris fin il y a environ 10 ans : la législation européenne a de facto contraint Subaru à cesser l’importation de ce modèle. Mais depuis peu, une Subaru WRX est à nouveau disponible, via l’importateur indépendant all.cars. Le simple fait qu’elle soit présente en Suisse est déjà une source de joie, mais les sensations de conduite dépassent de loin l’anticipation. Ce n’est pas la puissance brute qui fait naître un sourire permanent, mais la manière dont on conduit la Subaru WRX et le retour d’information que l’on reçoit de la voiture. Sur le plan esthétique, les mots sont superflus. Il n’y a pas que les fans pour reconnaître immédiatement cette sportive parmi les Subaru. Il faut toutefois préciser qu’il ne s’agit pas ici de la version STi, le summum de la performance, comme c’était le cas pour les modèles importés officiellement par Subaru à l’époque. Il s’agit plutôt de la WRX, un peu plus sage, dont l’absence d’aileron arrière est le seul élément qui la distingue visuellement.

2025 Subaru WRX

Les points forts

Le modèle Subaru dont l’habitacle mériterait un prix de design n’a sans doute pas encore été conçu. La WRX reste elle aussi fidèle à l’esprit de la marque et renonce aux artifices esthétiques. Les inserts en velours apportent une touche de confort, tandis que les sièges Recaro font mouche avec leur look rétro. Le levier de frein à main mécanique, doté d’un bouton bleu titane, constitue également un atout majeur. Le toucher et la finition sont solides, mais les véritables atouts de la WRX se situent ailleurs. L’espace est généreux, ce qui permet même aux adultes de grande taille de s’asseoir confortablement à l’arrière. La commande mérite également des points positifs. Au lieu d’un système d’infodivertissement alambiqué, on trouve un écran tactile vertical bien intégré, doté de grandes touches. La commande de climatisation reste toujours visible et la température se règle toujours à l’aide de boutons physiques. Il manque un système de navigation intégré, mais celui-ci peut être facilement remplacé grâce à l’intégration d’un smartphone. Autre point positif : il n’y a pas de systèmes d’aide à la conduite qu’il faille désactiver laborieusement à chaque démarrage du moteur.

Au volant, la WRX donne l’impression de faire un voyage dans le temps vers les années 2000. Elle gronde et grogne, tout vibre légèrement et le châssis ne fait aucun compromis. Grâce au rapport de transmission court, on utilise souvent le levier de vitesses, ce qui ne fait que renforcer le plaisir de conduite. La Subaru n’est toutefois pas dépourvue de bonnes manières. Le moteur boxer se conduit avec une sérénité étonnante, même si, comme on pouvait s’y attendre, la consommation ne fait pas partie de ses points forts. En revanche, grâce au modèle américain, les systèmes d’aide à la conduite les plus agaçants restent désactivés en permanence. L’alerte d’angle mort et le régulateur de vitesse adaptatif sont en revanche convaincants au quotidien. L’assistance au freinage d’urgence s’avère moins réussie, puisqu’elle est intervenue à deux reprises lors de l’essai sans qu’il y ait de danger imminent.

2025 Subaru WRX

Le plaisir avant les chiffres

À première vue, la fiche technique ne laisse pas présager de miracles : 202 kW et 350 Nm ne semblent guère spectaculaires en 2026. Mais sur la route, c’est une autre histoire. La réactivité immédiate, le couple généreux à bas régime et la vivacité jusqu’au limiteur de régime sont une source constante de plaisir. À cela s’ajoute une sonorité qui est aujourd’hui une véritable rareté. Le moteur boxer de 2,4 litres se montre merveilleusement vif et rappelle à quel point une cylindrée légèrement supérieure et l’absence de filtre à particules essence peuvent apporter du caractère. Dommage que la montée en régime s’arrête déjà à 6 000 tours, car le potentiel du moteur semble loin d’être épuisé.

Grâce à sa légendaire transmission intégrale symétrique, la WRX ne connaît pratiquement les problèmes de traction que par ouï-dire. Même en pleine accélération, la voiture reste stoïquement sur sa trajectoire. Le comportement routier est agréablement neutre, même si, sur asphalte sec, il manque un peu de mordant. La direction pourrait être un peu plus directe et un différentiel à glissement limité améliorerait la vitesse en virage. Cela n’enlève toutefois rien au plaisir de conduite. La WRX n’est pas une voiture de sport ultra-précise, mais une excellente polyvalente. Qu’il pleuve, qu’il neige ou que la chaussée soit en mauvais état : la Subaru inspire toujours confiance et invite à exploiter pleinement son potentiel. À cela s’ajoute un excellent réglage qui, même sur chaussée mouillée, ne déclenche que rarement l’intervention de l’ESP. Les puissants freins Brembo, avec leur point de pression ferme et leur grande stabilité, sont également convaincants.

2025 Subaru WRX

Une voiture unique en son genre

Avec un prix à partir de 56 900 francs, ce n’est certes pas une affaire, mais le prix est raisonnable. Il faut toujours tenir compte de la consommation élevée du moteur boxer. Ceux qui souhaitent exploiter son potentiel de temps à autre doivent s’attendre à une consommation à deux chiffres. Bien sûr, il existe des 4×4 plus rapides dans des gammes de prix similaires – mais ils sont loin d’offrir cette sensation de conduite décontractée qui rend la Subaru si agréable à conduire. Cette voiture est une véritable bête de course qui célèbre encore le plaisir de conduire et qui, par mauvais temps, ne fait pas s’allumer de voyant d’alerte, mais s’épanouit au contraire pleinement.